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Insuffisance rénale du chat : la dépister avant les symptômes

29 juillet 2026 Mis à jour le 6 min de lecture

L’insuffisance rénale du chat se dépiste par une prise de sang, une analyse d’urine et une mesure de la pression artérielle, idéalement avant l’apparition du moindre symptôme. C’est la maladie la plus fréquente du chat âgé, et sa particularité est cruelle : les reins possèdent une réserve fonctionnelle considérable, et les symptômes n’apparaissent qu’une fois environ deux tiers du tissu rénal détruits.

Autrement dit, quand un propriétaire remarque quelque chose, la maladie évolue déjà depuis des mois, voire des années. Et les lésions rénales sont irréversibles. On ne répare pas un rein abîmé ; on peut en revanche protéger très efficacement ce qu’il en reste, à condition de s’y prendre tôt.

Maladie rénale chronique du chat : ce qui se passe

Le rein filtre le sang, élimine les déchets, retient l’eau et participe au contrôle de la pression artérielle. Dans la maladie rénale chronique, les unités de filtrage disparaissent peu à peu. Les reins restants compensent en travaillant davantage, puis s’épuisent à leur tour.

Le premier travail qui se perd est la capacité à concentrer l’urine. Le chat élimine alors plus d’eau, et doit boire plus pour compenser. Les déchets, eux, finissent par s’accumuler dans le sang : c’est ce qui provoque, plus tard, nausées et perte d’appétit.

Souvent, aucune cause précise n’est retrouvée : c’est une maladie du vieillissement. Chez le Persan et les races apparentées, une maladie héréditaire, la polykystose rénale, peut en être à l’origine et se dépiste par échographie.

Chat qui boit beaucoup : les premiers signes

  • Il boit davantage et urine davantage : la litière devient plus lourde, il faut la changer plus souvent. C’est souvent le tout premier signe, et le plus facile à manquer.
  • Amaigrissement progressif, d’abord discret : la colonne et les omoplates deviennent saillantes.
  • Appétit capricieux, puis en baisse.
  • Poil terne, ébouriffé, toilette négligée.
  • Plus tard : vomissements, haleine forte, ulcères dans la bouche, abattement marqué.

Un conseil simple et efficace : pesez votre chat tous les mois. Une perte de 300 g chez un chat de 4 kg est déjà un signal fort, bien avant tout autre symptôme.

Attention, boire beaucoup n’est pas propre au rein. Le diabète et l’hyperthyroïdie, fréquents au même âge, donnent le même signe. L’hyperthyroïdie peut d’ailleurs masquer une maladie rénale sous-jacente, qui se révèle une fois la thyroïde traitée. D’où l’intérêt d’un bilan complet plutôt que d’un seul chiffre.

Le dépistage : prise de sang, urine, pression artérielle

À partir de 7-8 ans, une à deux fois par an, le bilan de suivi régulier associe :

  • une prise de sang : à la créatinine s’ajoute aujourd’hui le SDMA, un marqueur qui s’élève plus tôt et détecte l’atteinte à un stade où l’on peut encore agir ;
  • une analyse d’urine : la densité urinaire et la fuite de protéines sont souvent anormales avant le sang ;
  • une mesure de la pression artérielle.

Les résultats permettent de classer la maladie selon le système de stades de l’IRIS, la société internationale d’intérêt rénal (en anglais), qui sert de référence aux vétérinaires. Il distingue quatre stades de gravité, précisés par la présence ou non de protéines dans l’urine et d’hypertension. Le stade s’établit sur un chat stable et bien hydraté, souvent à partir de plusieurs prélèvements, et c’est lui qui guide le traitement.

Écran de l'appareil petMAP graphic II affichant une mesure de pression artérielle réglée pour un chat, brassard à l'avant-bras, avec la série des mesures successives
Mesure de la pression artérielle d’un chat au cabinet avec le petMAP : plusieurs mesures successives sont enregistrées.

Au cabinet : la pression artérielle et l’œil

L’hypertension accompagne fréquemment la maladie rénale et l’aggrave. Surtout, elle peut provoquer un décollement de rétine : le chat devient aveugle du jour au lendemain, pupilles dilatées, se cognant partout. Prise à temps, elle se traite et la vision peut parfois être récupérée.

Au cabinet, nous mesurons la pression artérielle avec un appareil petMAP. Un petit brassard est placé sur une patte ; on laisse d’abord le chat se calmer, puis on enchaîne plusieurs mesures dont on retient la moyenne, car le stress de la consultation peut à lui seul faire monter la pression. C’est un examen de quelques minutes, indolore.

Si la pression est élevée, l’examen du fond d’œil permet de rechercher des lésions de la rétine liées à l’hypertension. Une échographie des reins peut aussi être proposée pour observer leur taille et leur structure.

Traiter l’insuffisance rénale du chat : ralentir l’évolution

On ne répare pas les reins, mais on ralentit très efficacement l’évolution :

  • Alimentation rénale : phosphore et protéines ajustés. C’est la mesure qui a le plus d’impact démontré sur la durée de vie. La transition se fait progressivement, car un chat âgé peut bouder un nouvel aliment.
  • Hydratation : alimentation humide, fontaine, points d’eau multiples. Nos conseils pratiques sont dans l’article comment faire boire son chat.
  • Traitement de l’hypertension et de la fuite de protéines.
  • Chélateurs de phosphore, soutien de l’appétit, traitement des nausées.
  • Perfusions sous-cutanées à domicile dans les stades avancés, un geste que la plupart des propriétaires apprennent sans difficulté.

Ne donnez jamais de médicament humain à un chat, a fortiori s’il est insuffisant rénal : certains anti-inflammatoires sont dangereux pour ses reins, et le paracétamol est toxique pour le chat.

Le pronostic

Il dépend beaucoup du stade au diagnostic. Un chat dépisté tôt, bien suivi, vit souvent plusieurs années de plus, en bon confort. Un chat diagnostiqué au stade des vomissements a un pronostic nettement plus réservé. Pour une vue d’ensemble des changements liés à l’âge, lisez aussi ce qui change chez votre animal après 8 ans.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que le SDMA chez le chat ?

C’est une substance éliminée par les reins, dosée dans le sang. Elle augmente plus tôt que la créatinine quand la fonction rénale baisse, et elle est moins influencée par la fonte musculaire du chat âgé. Elle aide à dépister la maladie plus tôt et à préciser son stade.

À partir de quel âge faire un bilan rénal à son chat ?

À partir de 7-8 ans, une à deux fois par an, même si le chat semble en pleine forme. Plus tôt si vous remarquez qu’il boit davantage, qu’il maigrit ou que la litière est plus lourde.

Un chat insuffisant rénal souffre-t-il ?

Aux premiers stades, il ne ressent le plus souvent rien de particulier. Aux stades avancés, les nausées, la déshydratation et la perte d’appétit altèrent son confort. Le traitement vise justement à les contrôler pour qu’il garde une bonne qualité de vie.

L’insuffisance rénale du chat se guérit-elle ?

Non, la maladie rénale chronique ne guérit pas, car les lésions sont définitives. Mais bien prise en charge, elle évolue lentement, et beaucoup de chats vivent longtemps avec. Les fiches d’International Cat Care (en anglais) détaillent aussi le suivi au quotidien.

Le dépistage ne prend qu’une consultation et peut vous faire gagner des années avec votre chat. Pour le bilan de votre chat à Saint-Victoret, prenez rendez-vous au cabinet.

Article rédigé pour le cabinet vétérinaire de Saint-Victoret à partir des recommandations vétérinaires en vigueur, dont les sources sont citées dans le texte. Mis à jour le 23 septembre 2026. Il informe, mais ne remplace pas l'examen de votre animal par un vétérinaire.

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