Un chien trop gros ou un chat enrobé n’a rien d’anodin. C’est le trouble le plus répandu chez nos animaux, et le plus banalisé. Un animal en surpoids vit en moyenne moins longtemps, et développe davantage de maladies chroniques. La bonne nouvelle : c’est aussi l’un des problèmes de santé sur lesquels vous avez le plus de prise.
Mon chien est-il trop gros ? L’évaluer sans se mentir
La balance seule ne suffit pas. Utilisez la méthode du score corporel, en trois gestes :
- Les côtes : vous devez les sentir sous les doigts avec une pression légère, comme le dos de votre main. Si vous devez appuyer pour les trouver, il y a du surpoids.
- Vue de dessus : une taille doit se dessiner en arrière des côtes. Un corps rectangulaire ou ovale signale un excès.
- Vue de profil : le ventre doit remonter vers l’arrière. S’il est horizontal ou pendant, c’est trop.
Au cabinet, nous utilisons la note d’état corporel, une échelle de 1 à 9 où la silhouette idéale se situe à 4 ou 5. Les recommandations nutritionnelles de la WSAVA en proposent des planches illustrées pour le chien et pour le chat. On y associe l’évaluation de la masse musculaire : un animal âgé peut être gras et fondre en muscle à la fois.
Repère utile : chez un chat, 1 kg en trop équivaut à environ 15 kg chez un humain. Ce qui semble « un peu enrobé » est déjà beaucoup.
Les conséquences de l’obésité chez le chien et le chat
- Diabète : chez le chat, le surpoids est le principal facteur de risque.
- Arthrose : chaque kilo pèse sur des articulations déjà usées. Un chien qui maigrit souffre souvent moins, comme le rappelle notre article sur l’arthrose du chien âgé.
- Risque anesthésique accru.
- Problèmes cardiaques et respiratoires.
- Fatigue à l’effort, intolérance à la chaleur.
- Toilette impossible chez le chat, qui ne peut plus atteindre son dos.
- Espérance de vie réduite.
Pourquoi il grossit
Rarement à cause des repas. Le plus souvent à cause de ce qui est donné à côté : friandises, restes de table, croquettes « à volonté », plusieurs personnes qui nourrissent sans se concerter.
S’y ajoutent la stérilisation, qui fait nettement baisser les besoins énergétiques, l’âge et le manque d’activité. La stérilisation n’est pas en cause en elle-même : c’est la ration qui doit être revue juste après. Enfin, une cause médicale est parfois en jeu, comme l’hypothyroïdie chez le chien, à écarter par une prise de sang.
Le régime du chien et du chat : un amaigrissement qui fonctionne
1. Peser la ration
Avec une balance de cuisine, pas un verre ni une louche. L’écart entre une dose « à l’œil » et la dose réelle est souvent bien plus important qu’on ne le croit.
2. Compter les extras
Les friandises doivent rester une toute petite part de l’apport quotidien, et être retirées de la ration. Un morceau de fromage pour un petit chien équivaut à un repas entier pour nous. Mettez-vous d’accord avec toute la famille : un seul membre qui « craque » suffit à faire échouer le régime.
3. Un aliment adapté
Un aliment vétérinaire d’amaigrissement permet de réduire les calories tout en gardant le volume et les protéines : l’animal a moins faim et ne fond pas en muscle. Diviser simplement la ration habituelle crée des carences.
4. Aller lentement
La perte de poids doit être progressive et régulière, avec un objectif fixé par le vétérinaire. Trop vite est dangereux, surtout chez le chat : un jeûne ou une restriction brutale l’expose à une atteinte grave du foie, la lipidose hépatique.
5. Faire bouger
Chez le chien : allonger progressivement les promenades. Chez le chat : deux séances de jeu de dix minutes, des gamelles ludiques, la ration distribuée en plusieurs points de la maison pour qu’il se déplace.
Le suivi au cabinet
Tout commence par un examen : pesée, note d’état corporel, masse musculaire, articulations, cœur. Si l’histoire ou l’examen le justifient, une prise de sang permet d’écarter une cause hormonale avant de démarrer. Nous calculons ensuite la ration adaptée au poids visé, et non au poids actuel.
Viennent ensuite une pesée mensuelle, un objectif chiffré et des ajustements réguliers : c’est ce qui fait la différence entre un régime qui tient et un régime abandonné au bout d’un mois. Une fois le bon poids atteint, la ration de stabilisation se fixe elle aussi. Chez l’animal qui vieillit, ce suivi du poids devient encore plus important, comme expliqué dans ce qui change après 8 ans.
Questions fréquentes
Comment savoir si mon chat est trop gros ?
Passez les mains sur ses flancs : vous devez sentir ses côtes sans appuyer. Regardez-le de dessus pour chercher la taille, et de profil pour voir si le ventre pend. Un bourrelet qui balance sous le ventre en marchant peut être normal chez certains chats, mais il ne remplace pas ces repères.
Combien de temps dure un régime pour un chien trop gros ?
Plusieurs mois en général, car la perte doit être lente pour être sans danger et durable. La durée dépend du poids à perdre. Une pesée mensuelle permet d’ajuster la ration au fil du temps.
Faut-il réduire les croquettes de moitié ?
Non. Diviser une ration classique prive l’animal de protéines, de vitamines et de minéraux, et il reste affamé. Mieux vaut un aliment conçu pour l’amaigrissement, avec une quantité calculée pour lui.
Le surpoids après stérilisation est-il inévitable ?
Non. Les besoins baissent après l’opération, et c’est la ration qui doit suivre. Un aliment adapté, une ration pesée et quelques contrôles du poids dans les mois suivants suffisent le plus souvent à l’éviter.
Pour faire le point sur le poids de votre compagnon et établir un plan adapté, prenez rendez-vous au cabinet de Saint-Victoret, ou appelez le 04 42 75 26 17.
Article rédigé pour le cabinet vétérinaire de Saint-Victoret à partir des recommandations vétérinaires en vigueur, dont les sources sont citées dans le texte. Mis à jour le 23 septembre 2026. Il informe, mais ne remplace pas l'examen de votre animal par un vétérinaire.



