Chiens

Leishmaniose en Provence : le « moustique » qui n’en est pas un

7 août 2026 Mis à jour le 5 min de lecture

La leishmaniose du chien est une maladie parasitaire grave, transmise par la piqûre d’un phlébotome. On l’appelle souvent « la maladie du moustique », mais le phlébotome n’est pas un moustique : c’est un minuscule moucheron, actif du printemps à l’automne, surtout entre le crépuscule et l’aube. Les Bouches-du-Rhône figurent parmi les zones les plus concernées de France. Pour un chien qui vit à Saint-Victoret ou ailleurs en Provence, ce n’est pas un risque théorique.

Le phlébotome, ce faux moustique

Le phlébotome mesure deux à trois millimètres. Il est velu, de couleur sable, et vole sans bruit, par petits bonds. Contrairement au moustique, ses larves ne se développent pas dans l’eau mais dans la terre humide riche en matière organique : pieds de murs, tas de feuilles, abords des poulaillers et des chenils. Il se déplace peu et fuit le vent.

Seule la femelle pique, pour se nourrir de sang. Si elle a piqué un chien infecté, elle transmet le parasite, une Leishmania, au chien suivant. C’est pourquoi un chien protégé est aussi un chien qui ne sert pas de relais à la maladie.

Sa période d’activité correspond à la saison chaude, et dans notre région elle s’étale largement. Les soirées d’été, calmes et chaudes, sont les plus à risque.

Comment la leishmaniose évolue chez le chien

Après la piqûre, le parasite se multiplie lentement, en particulier dans les ganglions, la rate et la moelle osseuse. Les premiers signes peuvent apparaître plusieurs mois, voire plusieurs années plus tard. Certains chiens restent porteurs sans jamais déclarer la maladie ; d’autres développent une forme sévère. Cette longue période silencieuse explique qu’un chien puisse tomber malade loin de la région où il a été piqué.

Les signes qui doivent alerter

  • Amaigrissement malgré un appétit conservé : c’est souvent le premier signe.
  • Lésions cutanées : croûtes et pertes de poils autour des yeux, du nez et des oreilles, pellicules abondantes.
  • Griffes anormalement longues et cassantes : un signe très évocateur, souvent négligé.
  • Ganglions gonflés, palpables sous la mâchoire et derrière les genoux.
  • Saignements de nez.
  • Fatigue, boiteries changeantes.
  • Plus tard : atteinte rénale, la principale cause de mortalité.
  • Parfois une uvéite ou une autre atteinte oculaire : une raison de plus de consulter dès qu’un œil devient rouge.

Aucun de ces signes n’est spécifique pris isolément. C’est leur association, chez un chien vivant en zone à risque, qui doit faire penser à la leishmaniose.

Le diagnostic et le suivi au cabinet

Une prise de sang recherche les anticorps dirigés contre le parasite et évalue le retentissement de la maladie : fonction rénale, protéines, numération sanguine. Selon les cas, d’autres analyses peuvent compléter le bilan, comme la recherche du parasite dans un ganglion ou l’analyse des urines. Un dépistage annuel est recommandé pour tout chien vivant en zone endémique, même sans symptôme, et systématiquement avant une adoption d’un chien venu du Sud ou de l’étranger.

Au cabinet, l’examen clinique s’attarde sur la peau, les griffes, les ganglions et les yeux. Si l’œil est touché, nous pouvons l’examiner en détail à la lampe à fente et mesurer sa pression. Nous mesurons aussi la pression artérielle, utile car l’atteinte rénale peut s’accompagner d’hypertension. Ce dépistage trouve naturellement sa place dans le suivi vétérinaire régulier de votre chien.

La prévention de la leishmaniose, le vrai sujet

C’est là que tout se joue, car la maladie se contrôle mais ne se guérit pas totalement.

1. Le répulsif

Un antiparasitaire spécifiquement actif contre les phlébotomes, sous forme de collier ou de pipette adaptés. Tous les produits contre les puces et les tiques ne le sont pas : notre article pour bien choisir son antiparasitaire vous aide à y voir clair. À porter d’avril à novembre sans interruption. C’est la mesure la plus efficace. Attention : certains de ces produits sont toxiques pour le chat, ne les utilisez jamais sur lui.

2. La vaccination

Elle existe et se discute pour les chiens exposés. Elle ne remplace pas le répulsif : les deux se combinent. Un test de dépistage est réalisé avant la première injection, car le vaccin ne s’adresse qu’aux chiens non infectés, puis un rappel est fait chaque année.

3. Le bon sens

Le phlébotome pique surtout au crépuscule et la nuit. Rentrer le chien à ces heures, éviter de le laisser dormir dehors en été et installer des moustiquaires à mailles fines réduisent réellement l’exposition.

Les recommandations de l’ESCCAP sur les parasites externes détaillent ces mesures. Et si vous partez en vacances avec votre chien dans une autre région du pourtour méditerranéen ou à l’étranger, pensez-y en préparant la check-list du voyage.

Le traitement

Il associe des molécules spécifiques sur plusieurs semaines, puis un traitement d’entretien au long cours, avec des contrôles sanguins réguliers. Des rechutes restent possibles, d’où ce suivi. Beaucoup de chiens traités tôt mènent une vie normale pendant des années.

Le pronostic dépend surtout de l’état des reins au moment du diagnostic : d’où l’intérêt du dépistage avant l’apparition des symptômes.

Questions fréquentes

La leishmaniose du chien est-elle transmissible à l’homme ?

La leishmaniose existe chez l’humain, mais elle ne se transmet pas directement du chien à l’homme : elle passe obligatoirement par le phlébotome. Protéger son chien contribue d’ailleurs à réduire le réservoir de parasites. L’Institut Pasteur présente la maladie chez l’homme.

Un chien atteint de leishmaniose peut-il guérir ?

Le traitement fait le plus souvent régresser les symptômes et permet à beaucoup de chiens une vie normale, mais le parasite n’est en général pas totalement éliminé. On parle de maladie contrôlée plutôt que guérie, avec un suivi à vie.

Le vaccin contre la leishmaniose suffit-il ?

Non. Il réduit le risque de développer la maladie mais n’empêche pas les piqûres. Le répulsif reste indispensable, même chez un chien vacciné.

Le chat peut-il attraper la leishmaniose ?

Oui, mais c’est beaucoup plus rare que chez le chien. Signalez toute lésion de peau ou d’œil qui traîne chez un chat vivant en Provence, sans jamais lui appliquer un répulsif destiné au chien.

Pour adapter la prévention à votre chien et programmer son dépistage, prenez rendez-vous au cabinet.

Article rédigé pour le cabinet vétérinaire de Saint-Victoret à partir des recommandations vétérinaires en vigueur, dont les sources sont citées dans le texte. Mis à jour le 23 septembre 2026. Il informe, mais ne remplace pas l'examen de votre animal par un vétérinaire.

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