Un chien qui boite a mal, ou quelque chose l’empêche d’utiliser normalement sa patte : c’est le seul message qu’il puisse envoyer. Face à un chien qui boite, le bon réflexe est d’examiner la patte, de le mettre au repos, puis de décider à quelle vitesse consulter. Une boiterie brutale et forte, un membre déformé ou un chien abattu imposent de venir le jour même ; une boiterie légère qui ne s’améliore pas en 48 heures justifie un rendez-vous.
Le premier réflexe face à un chien qui boite
Examinez la patte avant toute chose : coussinets, espaces entre les doigts, griffes. Un épillet, une coupure sur un tesson, un corps étranger ou une griffe cassée expliquent une grande part des boiteries brutales, surtout de mai à septembre. Un chien qui se lèche sans arrêt entre les doigts vous met souvent sur la piste.
Palpez ensuite doucement en remontant : doigt, carpe, coude, épaule pour l’avant ; jarret, genou, hanche pour l’arrière. Un point qui fait réagir oriente le diagnostic. Comparez avec la patte opposée : une articulation plus chaude ou plus gonflée que sa voisine est un indice précieux. Restez prudent : un chien qui a mal peut mordre, même le plus gentil.
Observez aussi comment il marche. Au trot, un chien qui boite d’une patte avant hoche la tête vers le bas quand il pose la patte saine. Un chien qui boite d’une patte arrière raccourcit la foulée et bascule le bassin.
Boiterie du chien : quand consulter en urgence
- la patte ne touche plus le sol du tout ;
- un membre part dans un angle anormal (fracture, luxation) ;
- gonflement important, plaie profonde, saignement ;
- la boiterie suit un accident de la voie publique ou une chute de hauteur ;
- le chien est abattu, fiévreux, ou refuse de manger ;
- plusieurs pattes sont touchées, ou la boiterie change de membre ;
- il traîne une patte, frotte le dessus des doigts au sol ou semble ne plus la sentir : cela évoque une atteinte nerveuse.
Pour les autres situations graves, reportez-vous à notre guide sur les signes qui imposent de consulter tout de suite. Le cabinet prend en charge les urgences de ses patients pendant les heures d’ouverture : appelez d’abord le 04 42 75 26 17.
Les causes selon l’âge
Le chiot en croissance
Dysplasie de la hanche ou du coude, ostéochondrose, panostéite (« boiterie de croissance », qui migre d’un membre à l’autre). Chez une grande race, une boiterie qui dure plus de quelques jours mérite une radiographie : détectées tôt, ces affections se gèrent bien mieux.
L’adulte actif
La rupture du ligament croisé est la cause la plus fréquente de boiterie de la patte arrière : le chien pose à peine la patte après un faux mouvement ou un démarrage brusque, puis semble s’améliorer en quelques jours, ce qui trompe souvent les propriétaires. Non traitée, elle entraîne une arthrose rapide, et la rupture du côté opposé est fréquente dans les mois ou les années qui suivent.
Viennent ensuite entorses, tendinites et luxation de la rotule, fréquente chez les petites races.
Le chien âgé
L’arthrose du chien âgé domine largement, et elle se soulage très efficacement. Plus rarement, une tumeur osseuse : une boiterie qui s’aggrave sans traumatisme, avec un gonflement dur sur un os long, doit être radiographiée sans tarder.
À tout âge
Une boiterie peut aussi venir d’une hernie discale qui comprime un nerf, ou d’une maladie générale. En Provence, la leishmaniose et certaines maladies transmises par les tiques peuvent donner des boiteries qui changent de patte, souvent avec fatigue ou fièvre.
Chien qui boite sans douleur apparente
« Il boite, mais il ne se plaint pas quand je le touche » : la remarque est fréquente. Le chien exprime très peu la douleur, surtout lorsqu’elle s’est installée progressivement. Une boiterie est presque toujours le signe d’une gêne, même discrète.
Certaines boiteries sont aussi mécaniques : chez un petit chien, une rotule qui se déboîte fait sauter quelques pas sur trois pattes, puis tout rentre dans l’ordre. Ce n’est pas une raison pour laisser traîner, car l’articulation s’use à chaque épisode. Le surpoids aggrave toutes ces situations en surchargeant les articulations.
Les recommandations de la WSAVA sur la douleur (en anglais) rappellent d’ailleurs que la douleur chronique de l’animal est sous-estimée et qu’elle se traite.
En attendant la consultation
- Repos strict : pas de course, pas de saut, sorties en laisse courte uniquement.
- Pas d’escaliers ni de montée dans la voiture sans aide.
- Si une plaie est visible : nettoyage à l’eau claire et pansement propre.
- Notez quand la boiterie a commencé, sur quelle patte, et si elle est pire au lever ou après l’effort. Une courte vidéo de sa démarche aide beaucoup à l’examen.
Jamais de médicament humain
Ibuprofène, aspirine et paracétamol sont toxiques pour le chien : ulcères de l’estomac, insuffisance rénale, atteinte du foie. Ils faussent aussi l’examen et compliquent la prescription ensuite. Seul un antidouleur vétérinaire, prescrit après examen, est adapté.
Au cabinet : l’examen d’une boiterie
Nous commençons par regarder votre chien marcher et trotter, puis nous examinons chaque membre, articulation par articulation : amplitude, douleur, stabilité, gonflement, fonte musculaire. Des tests précis permettent de repérer une rupture du ligament croisé ou une rotule instable. Un examen neurologique simple complète le bilan si besoin.
Selon ce que révèle l’examen, une radiographie ou une échographie peuvent être nécessaires pour identifier la cause, parfois une prise de sang lorsqu’une maladie générale est suspectée. Le traitement est ensuite adapté : repos et antidouleurs, gestion du poids, ou chirurgie lorsque l’articulation l’exige.
Questions fréquentes
Mon chien boite de la patte arrière depuis hier, dois-je m’inquiéter ?
S’il pose la patte, mange et reste en forme, mettez-le au repos strict et observez 24 à 48 heures. S’il ne pose plus du tout la patte ou si rien ne s’améliore, consultez. Une rupture du ligament croisé commence souvent ainsi.
Un épillet peut-il faire boiter un chien ?
Oui, c’est même une cause très fréquente en été. Planté entre les doigts, il provoque une boiterie brutale et un léchage insistant. Il peut ensuite migrer sous la peau : s’il n’est pas visible, il faut consulter.
Une boiterie peut-elle passer toute seule ?
Une petite entorse ou un choc léger peuvent s’améliorer en un à deux jours de repos. Une boiterie qui dure plus de 48 heures, qui revient ou qui s’aggrave ne passe généralement pas seule et doit être examinée.
Plutôt que d’attendre que « ça passe », prenez rendez-vous au cabinet de Saint-Victoret : un examen orthopédique permet le plus souvent de savoir rapidement d’où vient la boiterie.
Article rédigé pour le cabinet vétérinaire de Saint-Victoret à partir des recommandations vétérinaires en vigueur, dont les sources sont citées dans le texte. Mis à jour le 23 septembre 2026. Il informe, mais ne remplace pas l'examen de votre animal par un vétérinaire.



