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Arthrose du chien : reconnaître la douleur et la soulager

1 avril 2026 Mis à jour le 5 min de lecture

L’arthrose du chien est une maladie douloureuse et fréquente, surtout avec l’âge, et elle se soulage bien, à condition de la repérer. « Il se fait vieux, il bouge moins » : c’est une phrase que nous entendons très souvent. Or, dans la grande majorité des cas, ce n’est pas la vieillesse qui ralentit le chien, c’est la douleur. Perte de poids, exercice adapté, traitements vétérinaires et aménagement de la maison permettent de lui rendre un vrai confort de vie.

L’arthrose du chien, un cercle vicieux

L’arthrose est une usure progressive du cartilage articulaire. L’os frotte, l’articulation s’enflamme, et un cercle s’installe : le chien bouge moins, perd du muscle, l’articulation est moins soutenue, l’arthrose progresse.

Elle ne tombe pas du ciel à 12 ans. Elle s’installe souvent sur une articulation déjà fragilisée : dysplasie de la hanche ou du coude, rupture ancienne du ligament croisé, fracture, luxation de la rotule. C’est pourquoi un chien jeune peut déjà en souffrir. On ne guérit pas l’arthrose, mais on peut ralentir son évolution et, surtout, supprimer une grande partie de la douleur.

Chien âgé et douleur : les signes souvent discrets

  • il hésite à monter dans la voiture ou sur le canapé ;
  • il est raide au lever, surtout le matin ou après une sieste, puis « se dérouille » ;
  • les promenades raccourcissent, il traîne au retour ;
  • il monte les escaliers mais descend difficilement ;
  • il lèche une articulation de façon répétée ;
  • il grogne quand on le manipule, ou devient distant ;
  • il a du mal à s’accroupir pour faire ses besoins, ou change de position de couchage ;
  • par temps froid et humide, tout s’aggrave.

Un chien ne crie presque jamais de douleur chronique. Il s’adapte, en silence. Les recommandations de la WSAVA sur la douleur (en anglais) insistent d’ailleurs sur ce point : la douleur chronique de l’animal passe facilement inaperçue, alors qu’elle se traite.

Une boiterie franche, qui apparaît brutalement, n’est pas toujours de l’arthrose : notre article mon chien boite, que faire aide à faire la différence.

Les races et situations à risque

Grandes races (berger allemand, labrador, rottweiler, dogue), chiens en surpoids, anciens sportifs, et tout chien opéré d’un ligament croisé ou souffrant d’une dysplasie. Chez eux, la surveillance doit commencer tôt, sans attendre les 10 ans. Les petits chiens ne sont pas épargnés, notamment ceux qui souffrent d’une luxation de la rotule.

Passé 8 ans, une visite de contrôle régulière permet de dépister l’arthrose avant qu’elle ne s’installe durablement, comme le reste des changements décrits dans notre article sur ce qui change après 8 ans.

Ce qui soulage vraiment l’arthrose

1. Le poids, le premier levier

Chaque kilo en trop augmente la contrainte sur les articulations. Une perte de poids, même modérée, suffit souvent à transformer le confort d’un chien arthrosique. Aucun médicament n’égale ce résultat. Nous pouvons vous aider à fixer un objectif réaliste et à adapter la ration : voir aussi notre article sur le surpoids chez nos animaux.

2. L’exercice régulier et doux

Contre-intuitif mais essentiel : il faut maintenir l’activité. Plusieurs promenades courtes valent mieux qu’une longue sortie le dimanche. La nage est excellente : elle fait travailler les muscles sans charge sur l’articulation. Évitez en revanche les jeux de balle avec démarrages et freinages brusques. La physiothérapie peut aussi aider certains chiens.

3. Les anti-inflammatoires et traitements du chien

Les anti-inflammatoires vétérinaires soulagent efficacement les poussées. Donnés au long cours, ils s’accompagnent d’un suivi, avec des prises de sang pour surveiller les reins et le foie. Ne donnez jamais d’ibuprofène, d’aspirine ou de paracétamol : ils sont toxiques pour le chien et peuvent provoquer ulcères et insuffisance rénale.

Il existe aujourd’hui des traitements de fond, dont des injections mensuelles, généralement bien tolérés, avec un suivi régulier. Le choix dépend de l’âge du chien, de ses autres maladies et de la réponse au traitement : il se discute et s’ajuste en consultation.

4. Les compléments

Chondroïtine, glucosamine et surtout oméga-3 ont un intérêt en accompagnement, sur la durée. Ils ne remplacent pas un traitement antalgique lors d’une crise.

5. L’aménagement du quotidien

Un couchage épais et chaud, à l’écart des courants d’air. Des tapis antidérapants sur le carrelage : un chien arthrosique glisse et se crispe. Une rampe pour la voiture. Des griffes coupées régulièrement, car trop longues elles modifient l’appui de la patte.

Faire le point au cabinet

L’examen commence par l’observation : nous regardons votre chien se lever, marcher, s’asseoir. Nous palpons ensuite chaque articulation pour repérer douleur, épaississement, perte d’amplitude ou fonte musculaire. Vos observations à la maison comptent autant que l’examen : une courte vidéo de votre chien au lever ou dans l’escalier est très utile.

Une radiographie peut être nécessaire pour situer précisément les articulations touchées et en évaluer l’état. Avant un traitement au long cours, une prise de sang fait le point sur les reins et le foie. Le traitement est ensuite réévalué au fil des visites. Beaucoup de propriétaires nous disent, quelques semaines plus tard, avoir « retrouvé leur chien d’avant ».

Questions fréquentes

À quel âge un chien peut-il avoir de l’arthrose ?

Le plus souvent chez le chien âgé, mais elle peut apparaître bien plus tôt sur une articulation malformée ou blessée, parfois dès les premières années chez un chien dysplasique. L’âge n’est donc pas le seul critère : c’est la raideur et le changement de comportement qui doivent alerter.

Mon chien est raide au lever puis marche normalement, est-ce de l’arthrose ?

C’est le tableau typique. La raideur après le repos, qui s’estompe en quelques minutes de marche, est l’un des premiers signes. Elle justifie un examen, même si le chien semble ensuite aller bien.

Peut-on donner un anti-inflammatoire humain à un chien arthrosique ?

Non, jamais. Ibuprofène, aspirine et paracétamol sont toxiques pour le chien. Seuls les anti-inflammatoires vétérinaires, prescrits après examen et suivis, sont adaptés.

L’arthrose du chien se soigne-t-elle ?

Elle ne se guérit pas, mais elle se soulage très bien. En combinant perte de poids, activité adaptée et traitement, la plupart des chiens retrouvent de l’entrain et un vrai confort.

Votre chien ralentit, hésite devant la voiture ou peine à se lever ? Prenez rendez-vous au cabinet de Saint-Victoret pour faire le point sur ses articulations.

Article rédigé pour le cabinet vétérinaire de Saint-Victoret à partir des recommandations vétérinaires en vigueur, dont les sources sont citées dans le texte. Mis à jour le 23 septembre 2026. Il informe, mais ne remplace pas l'examen de votre animal par un vétérinaire.

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